Chemin Faisant n°11 – Mars 2020 – Quater


Chemin faisant / mardi, mars 17th, 2020

Chemin faisant
Chaque mois, chemin faisant
Vous propose une réflexion
Sur la vie, sur notre vie

Du coronavirus VÉCU. Premier jour.

Depuis midi en France, chacun doit rester chez lui. Les sorties sont réglementées et supervisées par des contrôles. Il faut sur soi une attestation et une pièce d’identité.

« Chez soi » est très variable.
– Ville, banlieue, campagne
– Seul, en famille, à deux. Un animal ou pas.
– Appartement plus ou moins grand, maison.
– Un jardin ou pas ; et plus ou moins grand. Avec plus ou moins livres, musiques, radio, télévision, téléphone, ordinateur. De ce fait, possibilités variables. Sans oublier une cheminée si elle peut être foyer de lumière et d’odeurs.

Et surtout avec un esprit donné pour vivre ce vécu et en produire sens.
Retrait sur soi dans un lieu donné. Les autres sont toujours là, mais présents autrement.
Moment où se pose la question de soi en relation avec soi, les autres, le monde et le cosmos.
La vie trépidante, consommante, éprouvante parfois, laisse place à l’épreuve, à une solitude négligée, à un temps précieux pour mieux aller à l’essentiel.
Je suis seul à la campagne, dans un lieu modeste et magique, où l’horizon va loin, où la nature prépare le printemps.
Seul avec un chat, celui de ma fille Je vais le caresser sur la terrasse et lui parler.
Il se rendort profondément en sécurité.
Seul, mais en moi tant de présence : enfants, famille, amis et tant de personnes en France et dans le monde.
Seul, mais avec ma vie soucieuse d’exister, d’écrire, de créer, de réaliser, d’agir.

Ce contexte de retrait est une invitation exceptionnelle à la méditation à la contemplation, à explorer l’essentiel dont la connaissance, la tendresse, l’amitié et l’amour. Ils sont là en quête de vivification.
Sans oublier de se divertir, de rire, de jouer. De veiller à la beauté comme par exemple des fleurs sur la table.

Des émissions radio réalisées par moi après 18h sont annulées. Avec regret et une certaine incompréhension.
Des silences de ma famille et d’amis. Mais, je continue d’envoyer des mails.
Ce matin des courses dans un super marché pour gérer les semaines qui viennent. C’est régularisé, régulé et le comportement des gens varient entre une super protection et une attitude respectueuse, souriante, assumant la situation. A la marge, de rares cas d’agressivité.
Il est déjà plus de 17h. A l’horizon de rares feux pour brûler… les deux routes visibles sont quasi désertiques.
Ballade quotidienne sur le chemin proche. Peu de chants d’oiseaux. A l’horizon, les routes vides.

Vient le soir.
Solitude solidaire.
Débute une période unique comme épreuve, comme invitation à repenser la vie, à penser et à agir autrement.

Un temps pour le Nouvel Esprit Éducatif.
Premier jour du confinement. Un chemin à parcourir.

Plus que de guerre, je préfère parler de combat.
La science éclaire, la décision politique essaie de gérer. Et la vraie sagesse reste une boussole. Chacun est invité à s’interroger : En quoi et comment puis-je être mieux l’auteur de mon existence ? Est ce que je veux ce que je peux ?

Période indéterminée : 15 jours ?45 jours ? Plus ?
Je prévois au delà PÂQUES.
Je pense et prépare ce qui peut suivre comme possibles en quête d’un souhaitable personnel d’une part et collectif. Car cette épreuve n’a sens au delà le fait de surmonter ce virus que dans une vie autrement.

Lucide, j’écarte les illusions.
Poète, j’accueille la renaissance comme esprit, comme rêve, comme projet, comme acte à incarner dans les turbulences et l’inévitable relativité.
Car nous sommes et resterons des mendiants de l’absolu.
Le soir est venu. Des nuages cachent les étoiles y compris celle de berger. Mais elles sont là. Ce soir. Demain. Et ensuite.

Premier jour de confinement pour mieux entrer en renaissance

Michel Bernard. 17 mars 2020

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