Lettre de mon Village 5


Cabris / mercredi, décembre 25th, 2019

Cher ami

Merci de tes trois mails sur ton voyage en Afrique. Continent hétérogène, pluralité de pays, l’Afrique me fascine par ses origines, ses couleurs, ses cultures, ses ressources, ses habitants, son- ou plus précisément ses- devenirs. Où va l’Afrique ?

Quel sera ses contributions à l’humanité ? Pleure, oh continent exploité, abîmé, dominé! Puisses-tu te délivrer le plus vite possible de cela, de la misère, de la pauvreté, pour offrir au monde tes richesses invisibles. Tu es si porteur d’espoirs !

Outre le collège international des seniors avec l’esprit et l’accompagnement de l’Harmattan, outre quatre projets en cours, je veux apporter ma contribution pour l’éducation et les enfants.

J’espère à ton retour échanger longuement avec toi et je l’espère aussi pouvoir retourner en 202 , deux à trois fois dans ce continent.

Débute la période de l’AVENT qui prélude Noel. Par ailleurs, l’automne
chemine. Période de transitions. Un nouvel humus se construit permettant de nouvelles naissance, de nouvelles renaissances. De ma maison, je contemple la mer, la nature et le cosmos. Les couleurs de l’automne la tombée des feuilles et les changements dans le paysage.

Des échos du monde me parviennent chaque jour ; plus vite et plus nombreux que ceux du village. J’ai revu récemment celui qui a été le dernier garde champêtre du village. (Quel beau titre face à celui de police rurale !). Apres le maire précédent, le maire actuel a un comportement selon moi impensable. C’est du Clochemerle tragique. Cet homme a comme garde champêtre servi le village. Il est un héros du quotidien. Il mérite une reconnaissance forte et un profond respect. Rien de cela. Il
souffre et vit une solitude insupportable. Sa vie actuelle me blesse. Ce repas partagé est si peu. Je réfléchis comment agir dans le respect des personnes mais responsable aussi comme citoyen de la justice.

Au delà lui , je regarde des fins de vie et parfois des larmes surgissent. Que de morts vivants qui sont passés à côté de leur existence! Sans fraternité, sans connaissance, sans amitié, sans amour, sans création, quel sens a notre vie ?

Je réfléchis aux transformations invisibles du monde et à celles qui sont en nous. Nous avons plus que jamais besoin de prospective, de contemplation, de pensée pour agir autrement. Oscillations, tensions parfois intenses , entre le beau, le bon, le vrai d’une part et d’autre part l’immonde, la haine, la violence, la désinformation, la manipulation. Plus que jamais, discerner, questionner, écouter, chercher. Quand émerge de l’énergie vitale l’énergie créatrice, il y a spiritualité confortée, comme
sens de la vie pour exister. Quand cela n’est pas, l’humanité est en danger de perdre son souffle. De même pour chacun.

Oui les SEPTS mots retenus dans ma dernière lettre portent l’espoir pour ces temps difficiles et incertains.
Les usages de la technologie sont à la fois merveilleux et porteurs de destructions. Comment oublier le livre Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley écrit dans le Var si proche et celui 1984 de George Orwell ? Il semble que pour l’être humain et l’humanité, il faut des chocs, être au bord du précipice, voire même en destruction pour que des sursauts se fassent. Dans ce monde incertain, qui n’en finit pas de produire des exigences selon moi exagérées de sécurité, de protection, le doute s’amplifie sur les démocraties et surgissent ça et là, des dictateurs, des individus accédant au pouvoir par l’argent. Et comment négliger le rapport pouvoir-maladies, voire pathologies ? Les corruptions
s’amplifient et l’éducation reste confondue avec l’enseignement.
Oui je sais, nous en avons souvent parlé, il y a en termes micro des actions extra -ordinaires. Mais sont-elles suffisantes faces aux actions macro, de guerres, de corruptions, de violences, de destructions?

Vient le temps de NOEL. Fête merveilleuse pleine de tendresse de douceur. Mais comment oublier ce refuge dans une étable qui aujourd’hui pour beaucoup n’est même plus possible. Et où sont les nouveaux bergers ? Les nouveaux mages ? Où est dans le ciel l’étoile qui guide ? Le soir, en regardant le cosmos, je perçois des étoiles, l’infini, des avions et la présence invisible de satellites et déjà les signes de la
guerre de demain.

Nous n’avons qu’une vie, et trop souvent nous la gaspillons.
L’intimité, l’amour, la connaissance, l art portent l’espoir après la fin de ce monde d’un monde nouveau.
L’optimiste est concevable s’il est un optimiste de résistance, de courage et de fraternité.

Je te souhaite une excellente fin de voyage en Afrique.


Michel Bernard. 01 12 2019

Lettre N° 5

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