Chemin faisant n°3 – Février 2021


Chemin faisant / dimanche, février 7th, 2021

Chemin faisant
Chaque mois, chemin faisant
vous propose une réflexion
sur la vie, sur notre vie

Vient le temps des études

Je n’ai dans ma vie jamais été autant étudiant !


Lors de la reprise de mes études, je travaillais et pour cela je prenais du temps sur mes loisirs voire sur mon sommeil. Maintenant, enfin, je déguste le temps ; je suis étudiant pleinement. Quand je me balade ou gère l’intendance de la maison, l’esprit étudiant est toujours là.

Étudier, c’est chercher à acquérir la connaissance, cette connaissance qui est plus que le savoir et demande beaucoup de temps, de l’attention et un questionnement permanent. Il implique curiosité et labeur. Lire, penser, écrire et autant que possible échanger. En l’absence de maitre, il convient de disposer d’art et de patience.
Étudier est un esprit qui explore, écoute, dialogue et même assume la
controverse. De ce fait, c’est toute la vie, et non seulement cette séquence qui succède à l’écolier. (1)
Sans cesse apprendre et apprendre à apprendre.

Se cultiver comme on cultive la terre ! Tenir compte des saisons.
En permanence devenir éducateur, cet éducateur ainsi défini par le Père valentin (2) :
«C’est celui qui voit dans tout imbécile qui se connaît un intelligent qui se
méconnaît, comme dans tout intelligent satisfait un imbécile qui s’ignore.» Et pour cela, penser à soi.
Outre le temps, étudier nécessite un certain espace privilégié. Et l’organisation du temps quotidien est rythmée par cet acte : ÉTUDIER. Pour cela, créer les conditions.
Il y a certes le labeur, mais aussi le plaisir et la joie.

Un livre de jean Guitton ne cesse de m’accompagner depuis la reprise de mes études : Le travail intellectuel, 1951. Au terme de ce livre, dans la lettre à un jeune homme de ce temps, il écrit : «Accepte les limites de toutes parts. La limite donne la forme qui est une condition de la plénitude.»

Puis il continue:
«- Ce qui importe, c‘est que tu demeures au-dessus de ton travail et que tu fasses servir ce travail à te bien construire.
– Cherche le vrai.
– Défie-toi de la compagnie exclusive des intelligents. Ne fréquente pas volontiers ton semblable ; tu le rencontreras toujours assez.

– Tu remarqueras que les intellectuels supportent mal la critique, quoiqu’ils se plaisent à critiquer.
– Le principal : se donner de la joie dans son travail, faire jouir son âme au milieu de son travail.»

En retrait de la vie professionnelle, ce temps des études est une expérience
bienfaitrice et source de vie.
Pour étudier, je privilégie des méthodes et réorganise l’espace pour cela. Le concret n’est pas oublié. L’intendance, la cuisine, le jardin font partie des travaux pratiques.
Ce qui manque le plus: le dialogue les échanges avec d’autres; la pandémie
l’intensifie. Mais, je l’espère, ce temps du dialogue, le temps des voyages vont revenir. Il convient de s’y préparer.
Inévitablement ma vie sera inachevée. J’en suis lucide.


Michel Bernard. 02/2021

1- Étudiante était d’abord l’amie d’un étudiant.
2- Citation de Jean Guitton dans ce livre.

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