Lettre de mon village – Novembre 2022


Cabris, Non classé / mercredi, octobre 5th, 2022

 Cher ami;

Je le redis: la vie est un voyage coloré de voyages. Cela est vrai pour mon voyage à Paris en octobre.

Voyage en moi et voyage dans le monde. J’essaie de détecter des transformations silencieuses dont l’exploration est amplifiée par le voyage. Au-delà de mouvements donnés, c’est l’évolution de l’humain qui me touche le plus. Cela concerne l’évolution des vies, les valeurs,les usages de la technologie, les tragédies si inhumaines, le rôle parfois troublant de médias, les comportements, des renoncements .

C’est le chemin de chaque être.

Actuellement, mes lectures gravitent autour du courage et de l’acte de penser. Un auteur parle de la réduction de la parole aux techniques de l’information  ce qui menace l’humanité dans l’homme.

Un autre auteur cite Roland  Barthes : «Là où tu es tendre, tu dis ton pluriel». Citant George Orwell, il insiste sur le fait que dans le monde de Big Brother, il n’y a plus aucun  espace pour la vérité des faits, ni pour l’authenticité d’une émotion. La société totalitaire est une société où toute franchise devient impossible.

Il y a aussi le quotidien. Une personne très proche, pas vu depuis longtemps, a renoncé à venir me voir car on doit vers cette période lui livrer une  machine. Mais il y a aussi ce penseur majeur de notre époque qui m’adresse un délicat mail. Et ce grand poète si merveilleux qui accepte une émission et nous invite là où il réside.

Disparition d’un monde,surgissement lent et balbutiant d’un autre. Il faudra des années pour voir la récolte. À court terme, semer et agir pour cette renaissance si incertaine.

J’ai retrouvé la maison, le chat si présent, l’intendance, des travaux manuels, la musique, des films et l’écriture. Il y a aussi la solitude plurielle.Tchekhov écrit : « Si vous craignez la solitude, ne vous mariez pas», et Valéry ajoute : «Dieu créa l’homme et ne le trouvant pas assez seul, il lui donna une compagne.». Là vient l’amour. Aimer, c’est assumer sa solitude face à l’autre, c’est unir ses solitudes pour créer un chemin faisant. C’est aussi la co-création. Alors seulement vient la pro-création.

Profonde amitié.

Michel. 11 2022

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