Artiser Août 2014, Paul Poiret


Artiser / dimanche, août 3rd, 2014

Aout 2014 no 6

L’art est une activité humaine, le produit de cette activité ou l’idée que l’on s’en fait s’adressant délibérément aux sens, aux émotions, aux intuitions et à l’intellect. On peut dire que l’art est le propre de l’homme, et que cette activité n’a pas de fonction clairement définie.

Définition sur Google. Certaines composantes de l’Art en général, font figure de parent pauvre au regard de l’Art dans son approche magistrale. Je veux, par ce billet, rendre hommage à la mode, il existe un creuset de recherche à ce niveau, incommensurable et digne de la création d’une œuvre d’art.

La création est soumise à variations diverses et variées, époques, originalité, style, couleurs, tailles, adaptabilité, coûts, productivité, matières, créations, commercialisation, autant de démarches apparentées à la création d’une œuvre.Mode, modèle, à la mode, démodé, dénominations issues du même vocable. Les fabricants sont-ils toujours les créateurs ? Rien n’est moins sûr.Le créateur lorsqu’il devient fabriquant est un ARTISAN.

Des siècles durant, le vêtement fut le reflet de la classe sociale. Aujourd’hui, il est le reflet de la personnalité.En amont de tout ceci, tout un savoir-faire, une orchestration délicate : mettre à plat une idée, et la réaliser.Concrétiser un vêtement, est un ART difficile, le mettre à portée de tous, est du domaine de l’impossible.Là réside la perennité d’une création, et intervient souvent le fabricant.

« Ainsi le costume est une institution sociale et l’habillement un acte individuel. » (Roland Barthés, Sociologie du vêtement).

Pour avoir connu, personnellement, des créateurs, exerçant leur métier avec passion et acharnement, rencontrer des difficultés à faire aboutir leurs projets, je veux aujourd’hui, leur adresser un hommage,un signe de reconnaissance. La critique est aisée, l’Art est difficile, et je me souviens d’un temps, durant lequel je n’ai pas moi-même réalisé, combien il est délicat de créer un vêtement ou un accessoire, combien il est délicat de procéder à une création, donc créer un vêtement reste aussi un ART.

Clin d’œil à tous ceux qui seront concernés par ce billet,inhabituel, quelque peu estival et léger.

 

Hommage à Paul Poiret, existe-t-il meilleure collaboration avec l’art ?

Paul Poiret, l’homme qui abolit le corset cf google

Il est embauché comme dessinateur de mode chez Doucet en 1898, puis travaille chez Worth de 1901 à 1903.

Il ouvre sa maison de couture en septembre 1903 et habille Réjane, ce qui le lance. Il est le premier couturier, avec Madeleine Vionnet1, à supprimer le corset en 1906, en créant des robes taille haute. Il devient ainsi un pionnier de l’émancipation féminine.

En 1908 il demande à Paul Iribe de dessiner son catalogue : Les Robes de Paul Poiret racontées par Paul Iribe. Le caractère novateur de l’ouvrage lui confère un grand succès. En 1910, l’orientalisme est à la mode. Les ballets russes et Léon Bakst triomphent à Paris. Poiret suit la tendance. Il achète les tissus colorés du Wiener Werkstätte à Vienne avec qui il débute une longue collaboration.

En 1911, il lance Les Parfums de Rosine (du prénom de sa première fille), et devient le premier à imaginer le « parfum de couturier » qu’il conçoit en harmonie avec ses créations. Il ouvre un laboratoire au 39 rue du Colisée et une usine à Courbevoie incluant un atelier de verrerie et de cartonnerie pour le conditionnement. Les premières compositions sont imaginées par Maurice Schaller puis par Henri Alméras, mais Poiret s’implique personnellement. Jusqu’en 1929, ce sont 35 parfums qui sortiront des usines, dont certains adoptent des noms singuliers comme Shakhyamuni (1913) ou Hahna l’Étrange Fleur (1919)2.

Cette même année 1911, il se diversifie dans les broderies et les imprimés) avec les Ateliers de Martine (du prénom de sa deuxième fille). Georges Lepape collabore à un superbe album, Les Choses de Paul Poiret, pour présenter ses robes. Il fait aussi appel à d’autres artistes peintres comme Raoul Dufy, Mario Simon, André Marty…

Entre 1911 et 1917, il loue et restaure le pavillon du Butard à La Celle-Saint-Cloud et l’utilise comme résidence estivale et écrin de grandes fêtes, dont celle restée célèbre en date du 20 juin 1912 – la fête de Bacchus. Isadora Duncan dansa sur les tables au milieu de 300 invités et 900 bouteilles de champagne furent consommées jusqu’aux premières lueurs du jour. Antérieurement, il avait fait construire à l’Île-Tudy la villa Kermaria où il organisa aussi des fêtes somptueuses ; les peintres Bernard Naudin et Raoul Dufy par exemple y séjournèrent3, ainsi que le poète Max Jacob4.

« Poiret le magnifique » achète un hôtel particulier avenue d’Antin où il organise des fêtes somptueuses dont la fameuse Mille et deuxième nuit, qui marquera les nuits parisiennes.

Poiret connaît le triomphe : il habille les comédiennes les plus en vue et le tout-Paris, aidé par sa femme Denise qui se fait ambassadrice de la marque. Il s’inspire de ses nombreux voyages pour créer des vêtements marqués par l’Orient, la Russie, l’Afrique du Nord.

En collaboration avec le peintre Raoul Dufy, il lance des imprimés audacieux. Plus tard, il crée la jupe-culotte et la jupe entravée, qui font scandale.

Après la Première Guerre mondiale, son étoile commence à pâlir. La clientèle le délaisse pour un style plus épuré. La Maison Paul Poiret connaît ses premières difficultés financières en 1923, mais poursuit ses activités grâce au soutien financier de Georges Aubert. Sa participation à l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes en 1925 est très remarquée : il présente ses collections sur trois péniches baptisées Délices, Amours et Orgues.

En 1921-1923, il fait construire à Mézy-sur-Seine (Yvelines) la villa Paul Poiret, dessinée par Robert Mallet-Stevens, dont la construction est interrompue par les difficultés financières du couturier en 1923 et terminée en 1932 par Elvire Popesco qui la rachète en 1930.

En 1927, il joue avec Colette dans sa pièce La Vagabonde. En 1928, Paul Poiret publie Pan, Annuaire du luxe à Paris, aux Éditions Devambez, très bel annuaire qui réunit presque tous les grands noms du commerce de luxe de l’époque. Publié et conçu par lui, il est illustré de 116 planches en noir et en couleurs par les plus grands artistes contemporains dont Bellaigue, L. Boucher, Cocteau, Mlle Colin, Crozet, La Jarrige, Deluermoz, Dufy, Dupas, Yan B. Dyl, Fau, Foujita, Gus Bofa, Édy Legrand, Libiszewski, Charles Martin, Mourgue, Sem, Touchagues, Valerio, Van Moppès, etc. Cet album offre un panorama important sur la publicité des années vingt : tailleurs, chapeliers, cannes, bottiers, couturiers, lingerie, fourrures, bijoux, la table, orfèvrerie, primeurs, vins, fleurs, galeries d’exposition, photographes, pharmaciens, restaurants, hôtels, cabarets, voyages, sports, bagages, plages, chevaux, chasse, pêche, etc…

À l’automne 1929, la maison Paul Poiret ferme, du fait de la crise économique. Les Parfums de Rosine sont rachetés par Oriza L. Legrand.

En 1930, il publie En habillant l’époque (chez Bernard Grasset) et invente la gaine[réf. nécessaire], souple et confortable.

Il publie trois livres de mémoires et meurt en partie ruiné et oublié en 1944.

Une vente aux enchères en mai 2005, des effets personnels de Denise Poiret, entraine des montants records dont plus de 110 000 euros pour un manteau d’automobile créé par Poiret en 1914.

Belles vacances

Rentrée en Septembre avec de nouvelles idées et un souffle nouveau

Sylvia Bel

 

 

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=YBuvH-go3nE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
15 − 9 =