Lettres de mon village – 12


Cabris / jeudi, décembre 31st, 2020

Cher ami;

Vient le temps des fêtes de fin d’année. Plus précisément trois :
– Noël.Naissance d’un enfant dans une étable suite au refus d’accueillir les parents. De cet évènement historique , via la crèche, nous gardons plus l’enfant que le refus d’autres qui ont précédé. Étrange évolution des représentations d’un évènement historique.
– Le solstice d’hiver qui marque le retour de la lumière. Moment fort que je vis come un viatique pour affronter l’hiver.
-Nouvel an. Temps des vœux. En fait pour moi une seule question: Qu’est ce que je veux pour moi, pour les autres, pour le monde, pour la nature, pour le cosmos?


Nous ne pourrons nous rencontrer en fin d’année. Et toi, comme moi, passons Noël en famille. Pour moi, avec trois enfants. Dans un an, je doute que cette pandémie soit terminée. Et il y aura le vaccin, la durée de son immunité et les effets secondaires. Sans oublier les conséquences à assumer dans tous les domaines.Notre fragilité ne peut se confondre avec notre vulnérabilité. Plus que jamais, je pense que c’est notre vie intérieure qui est provoquée. Sans le spirituel-conception d’abord disons laïque- passage de
l’énergie vitale à l’énergie créatrice , nous ne pourrons faire face. Il y a d’abord l’individu et ensuite le meso et le macro. Après notre naissance initiale, il y a notre chemin faisant et sans cesse notre naissance pour laquelle une vie ne suffit pas. Nous quittons ce monde inachevé.
Pour aller où? Question pour moi sans réponse. S’il y a le paradis, ce sera une très heureuse surprise.


S’il n’y en a pas, alors retour à la poussière. Mais je crois que nous laissons des traces pour un temps plus ou moins long avec une intensité variable. Ainsi, par exemple, les traces que j’ai chez moi de mon grand père paternel et de mon père entretiennent leur présence et parfois un regard nouveau admiratif.
La paradis tend à faire de notre passage sur cette terre un moment secondaire.
L’absence de paradis fait de notre passage le seul moment à déguster, à imaginer, à vivre en existant le plus possible.Plus j’avance, plus c’est pour moi la primauté. Avec la volonté d’être attentif à l’autre, aux autres, à la nature , au monde. Le moment présent nous conduit à vivre sur un espace limité mais où le monde est invité. Ensuite, je rêve de voyages petits et grands, de rencontres, de convivialité. Comme les saisons, se situer dans des séquences interdépendantes.


Outre écrire,qui est un acte je veux aussi poser d’autres actes.
Lors de ma prochaine lettre en janvier, je pense que mon ouvrage sur l’université sera sorti. Par ailleurs, je suis heureux de mes cinq émissions pour Noël, prolongées par deux fin janvier. En 2021 trois ouvrages, dont deux collectifs .
Et toi? Ton projet de voyage en Grèce est reporté bien sûr. Pour quand?

Mon meilleur souvenir à tes enfants, avec qui aussi tu vas passer les fêtes de fin d’année.

Michel – Décembre 2020

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