Lettre de mon village – 14


Cabris / samedi, mars 6th, 2021

Cher ami;


Voici mars et le printemps. Après le mimosa, relais par une pluralité de fleurs. Et ça et là des bourgeons. Chaque jour un peu plus de lumière et de chaleur. Sans oublier, les oiseaux plus nombreux et joyeux.

Qu’en est- il des humains?
Le coronavirus est toujours là et sans doute pour longtemps.
Tristesse, lassitude, des replis sur soi, mouvement lent de prise de conscience.

Sans tarder, inventer de nouvelles solidarités. Oui, ce sont des étoiles que nous devrions regarder le monde en étant plus conscient de son passé et de son devenir, plus conscient de notre passé et de notre devenir. Alors l’humilité et la simplicité deviendraient encore plus des valeurs fondamentales.
Avec le temps, la simplicité invite à la sérénité et à la joie.

Ce jour, échange de qualité avec nos voisins qui sont désormais propriétaires de la maison de son père. En retraite, ils vont venir plus souvent et je me réjouis de ce voisinage. Nous avons abordé un projet qui me tient à coeur: des soirées théâtre et musique suivies de repas. Pouvoir en réaliser au moins une avant l’automne?
Mais que de silences de personnes que je pensais proches. Pour certains, je m’interroge: sont-ils encore en vie? Dans cette perspective, je n’oublie ni une œuvre d’art ici, ni le jardin del mundo.

Je souhaite dans l’arrière pays et dans le var, aller à la rencontre d’artisans, d’artistes. Mais je dois encore attendre pour cela.
Ce printemps sera consacré en priorité à des micro travaux ici et à l’écriture. Le temps d’activités avec d’autres et de voyages suivra.

Notre rencontre, sur ta proposition, sera donc reportée après Pâques. Il y a avant trop d’incertitudes.
Mais j’ai hâte de ce moment de convivialité. Plus largement, quand reviendra le temps de libertés suspendues comme celle d’aller au restaurant, nous dégusterons cela avec joie. Le manque renouvelle ce à quoi nous étions habitué au point de devenir un dû.
Tu me poses la question du devenir de mes émissions suite à un article de presse paru sur la radio d’accueil. Elles se poursuivent et je travaille pour toujours les améliorer et mieux les faire connaître. Tous les échos que je reçois sont unanimes: il faut continuer. Quant à la radio concernée, j’ai peine à comprendre les causes profondes de ce qui se passe. Une fois de plus, des jeux de pouvoirs auto destructeurs?

Fragilité, vulnérabilité de tout. Et ardente obligation sans cesse de veiller et d’inventer de nouvelles formes. Sans imagination, sans création qu’est -ce l’homme?

Très amicalement.

Michel Bernard. Mars 2021

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